D’où viennent les déséquilibres européens ?

par | Mar 1, 2017

La création de l’Union Economique et Monétaire et l’adoption de la monnaie unique ont permis de supprimer les frais et les risques de change. Cela devait créer une dynamique d’investissement incitant aux échanges entre pays de la zone euro. Les pays du Nord, à la recherche d’une rémunération attractive, devaient investir leurs capitaux dans les pays du Sud, leur permettant ainsi un gain de croissance. Les politiques européennes cherchaient à créer un processus de convergence entre les pays de la zone. Aujourd’hui pourtant le constat est décevant : la zone euro n’a pas réussi à réduire les écarts intra-zone.

Les disparités entre les situations économiques des pays membres de la zone euro rendent aujourd’hui difficile une cohésion à l’échelle européenne. Les pays du Nord tentent d’imposer une rigueur que le Sud a du mal à intégrer dans sa politique budgétaire. Les divergences économiques, politiques et historiques des Etats membres empêchent l’application d’une politique économique commune qui convienne unanimement. Par exemple, la société vieillissante allemande redoute les effets de l’inflation qui diminuerait l’épargne et le pouvoir d’achat, tandis que les pays déficitaires ne seraient pas contre un peu plus d’inflation pour alléger leur dette. Les pays de l’Union Européenne ont besoin de trouver un équilibre pour réduire les écarts conséquents entre le Sud et le Nord.

Trop d’épargne au nord, trop de dette au sud

L’Europe est victime d’un approfondissement des déséquilibres intérieurs avec une divergence de compétitivité entre les états membres. Chaque année depuis 2007, l’Allemagne enregistre un excédent commercial qui atteint plus de 6% du PIB, valeur correspondant au plafond maximum accepté par la commission européenne. Cela fait même plusieurs années qu’elle détient la quasi-totalité des excédents (plus de 70% des excédents de l’UE28 en novembre 2016). Or les excédents des uns font mécaniquement les déficits des autres. Les pays déficitaires ont donc financé la croissance allemande, créant des excédents massifs profitant très peu à l’Europe dans son ensemble. En 2016, l’Allemagne a réalisé 59% de ses exportations vers les pays de l’Union Européenne, alors que seulement 34% de ses importations venaient de ces pays, montrant ainsi le déséquilibre des échanges commerciaux allemands avec le reste de l’Europe.

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Maeva Courtois – Consultante en salle de marché chez Quanteam